Publié le · Mis à jour le
Et si le plus difficile dans le MLM, c'était les gens ?
Et si le plus difficile dans le MLM, c'était les gens ?
On parle souvent des difficultés du MLM : trouver des clients, apprendre à vendre, développer son équipe, gérer les refus, garder sa motivation quand les résultats ne sont pas ceux qu'on espérait…
Bref, tout ce qui fait partie de la vie d'un entrepreneur. C'est vrai, ce n'est pas toujours simple. Mais il y a une chose dont on parle beaucoup moins, et qui peut pourtant te faire vivre de belles montagnes russes émotionnelles : les relations humaines.
Vendre un produit, prospecter ou encore recruter ça s'apprend. Mais comprendre pourquoi certaines personnes tiennent de grands discours sur la bienveillance, la solidarité et l'entraide tout en ayant des comportements qui vont complètement à l'encontre de ces valeurs? Ça c'est une autre histoire. 😂
Une question se pose... Et si le plus difficile dans le MLM, ce n'était finalement pas le business, mais tout ce qui se passe autour ?
La bienveillance, oui… mais à certaines conditions ?
Dans le MLM, on entend souvent parler de famille, d'équipe soudée, de sororité, de soutien et d'entraide. On nous explique qu'on avance ensemble, qu'on célèbre les réussites des autres et qu'on est là les unes pour les autres, dans les bons comme dans les mauvais moments.
Sur le papier, c'est plutôt chouette, non ? C'est même quelque chose qui peut nous donner envie de rejoindre une équipe : ne pas être seule, pouvoir échanger avec des personnes qui comprennent ce qu'on vit et évoluer dans un environnement où l'on se sent soutenue.
Sauf que, parfois, cette belle solidarité semble avoir quelques petites conditions d'utilisation. Tant que tu es présente, motivée, que tu participes, que tu avances dans la direction attendue et que tu adhères au discours, tout va bien.
Mais dès que tu prends du recul, que tu exprimes un désaccord ou que tu fais un choix qui ne correspond pas aux attentes, l'ambiance peut changer. Et là, tu commences à te poser des questions:
🔸 Est-ce que le soutien était sincère ?
🔸 Est-ce que ma place dans cette équipe dépend finalement de ce que je fais, de ce que je rapporte ou de l'image que je renvoie ?
🔸 Est-ce qu'on m'apprécie vraiment pour la personne que je suis, ou surtout pour celle que je suis censée devenir ?
Évidemment, toutes les équipes ne fonctionnent pas comme ça. Heureusement ! Mais quand tu tombes sur ce genre de situation, le décalage entre les discours et les actes peut faire mal. Surtout quand tu pensais avoir trouvé bien plus qu'une simple activité professionnelle.
Prendre une pause, c'est donc manquer d'ambition ?
C'est un exemple qui m'a particulièrement interpellée : une personne décide de faire une pause pour se ressourcer, de prendre un peu de recul et de souffler. Et la réponse qu'elle reçoit ? « Tu n'as pas l'âme d'une entrepreneure, mais c'est OK. »
Pardon, mais depuis quand le fait de prendre une pause permet-il de déterminer si quelqu'un a l'âme d'une entrepreneure ?
Parce que si on suit cette logique, il faudrait donc être constamment disponible, toujours motivée, toujours en action et ne jamais avoir besoin de lever le pied pour prouver qu'on est capable de réussir.
On aurait presque le droit de se reposer uniquement une fois qu'on a atteint ses objectifs. Et encore, à condition de ne pas se reposer trop longtemps ! 😂
Plus sérieusement, je trouve cette manière de penser assez révélatrice. Une personne peut avoir de l'ambition et avoir besoin de souffler. Elle peut aimer son activité et traverser une période compliquée. Elle peut avoir des objectifs et décider que, pour le moment, sa santé mentale, sa vie personnelle ou simplement son équilibre passent avant le reste.
Comme je dis à mes partenaires: “La vie privée avant ton activité pro complémentaire.”
Prendre une pause ne signifie pas forcément abandonner. Changer de rythme ne signifie pas manquer de détermination. Et surtout, se préserver ne devrait pas devenir un prétexte pour remettre en question les capacités ou la valeur d'une personne.
On parle quand même d'entrepreneuriat, de liberté et de la possibilité de construire une activité à son image. Mais si cette liberté ne s'applique que lorsque tu fais exactement ce qu'on attend de toi, on peut peut-être se demander où elle se trouve réellement.
D’ailleurs, cette fameuse liberté qu'on nous vend...
L'un des grands arguments du MLM, c'est la liberté. La liberté de travailler à son rythme, de choisir ses objectifs, de développer son activité comme on le souhaite et de construire quelque chose qui nous ressemble.
Mais du coup, je me pose une question : on parle de liberté, mais est-ce qu'on est vraiment libre de faire nos propres choix si, dès qu'ils ne vont plus dans le sens de ce que les autres attendent de nous, ça devient un problème ?
🔸 Tu veux ralentir ? Tu manques peut-être d'ambition.
🔸 Tu veux prendre du recul ? Tu n'as peut-être pas le bon état d'esprit.
🔸 Tu ne partages pas un discours ou une méthode ? Tu es peut-être négative.
🔸 Tu décides de faire autrement ? Tu n'as peut-être pas compris le système.
À force, on peut finir par avoir l'impression qu'il existe une seule bonne manière de réussir et que toute personne qui s'en éloigne doit forcément se remettre en question.
Pourtant, si l'entrepreneuriat doit nous permettre de construire une activité adaptée à notre vie, pourquoi faudrait-il parfois mettre notre vie de côté pour correspondre à une certaine définition de la réussite ?
Rappelons le, on peut avoir des ambitions différentes, des rythmes différents et des priorités différentes sans que cela fasse de nous de moins bons entrepreneurs.
On n'a pas tous les mêmes contraintes, les mêmes ressources, la même disponibilité ni les mêmes envies. Et c'est justement pour ça qu'il est important de laisser aux autres la liberté de faire leurs propres choix, même si on ne les aurait pas faits soi-même.
Ce qui me dérange dans certaines situations, ce n'est pas que les gens ne soient pas toujours d'accord. On peut avoir des avis différents, des façons de travailler opposées et des objectifs qui ne se ressemblent pas. C'est normal, et heureusement qu'on n'est pas tous des copies conformes les uns des autres.
Le problème, c'est surtout la façon dont on réagit aux choix des autres. On peut penser que quelqu'un fait fausse route sans pour autant lui coller une étiquette ou remettre en question tout ce qu'il a accompli jusque-là, juste parce qu'on ne comprend pas sa décision.
Parce qu'il faut aussi se rappeler d'une chose : quand quelqu'un prend une décision, il la prend pour lui, pas pour répondre à tes attentes. Tu as le droit de ne pas comprendre son choix, de ne pas être d'accord, mais ça ne te donne pas le droit de juger son parcours ou de décider à sa place de ce dont cette personne est capable.
Sauf qu’au lieu de chercher à comprendre, on préfère juger. C'est plus rapide, ça demande moins d'efforts et ça évite surtout de remettre en question sa propre manière de voir les choses.
Et pourtant, c'est fou comme on peut prôner de belles valeurs et agir complètement à l'inverse. On peut passer des heures à expliquer aux autres qu'il faut croire en eux, respecter leur rythme, sortir de leur zone de confort et ne jamais laisser les jugements extérieurs les arrêter… puis devenir soi-même la personne qui juge dès que quelqu'un fait un choix qui ne nous convient pas.
C'est quand même dommage, non ?
La bienveillance ne devrait pas être réservée aux personnes qui pensent comme nous. Le respect ne devrait pas disparaître dès qu'on est contrarié. Et la solidarité ne devrait pas dépendre de la capacité de chacun à suivre le mouvement sans poser de questions.Sinon, ce n'est plus vraiment de l'entraide. C'est une forme de soutien sous conditions.
Il faut être solide mentalement… mais jusqu'à quel point ?
On parle beaucoup de force mentale dans l'entrepreneuriat. Il faut savoir encaisser les refus, se relever après un échec, rester motivée quand les résultats tardent et ne pas abandonner au premier obstacle. Et sur le fond, je suis d'accord : entreprendre demande de la persévérance.
Mais je pense qu'il y a une différence entre apprendre à gérer les difficultés de son activité et devoir constamment encaisser des comportements humains qui nous épuisent.
Les refus des clients, les périodes creuses ou les objectifs qu'on n'atteint pas sont déjà des défis en soi. Alors, quand tu dois en plus gérer les non-dits, les petites remarques, les déceptions, les contradictions et parfois même les jugements de personnes dont tu attendais du soutien, ça peut vite devenir lourd et pesant.
Le plus compliqué dans tout ça, c'est que tu peux finir par retourner le problème contre toi-même. Tu te demandes:
🔸 Si tu es trop susceptible
🔸 Si tu prends les choses trop à cœur
🔸 Si tu devrais être plus détachée
🔸 Si tu manques simplement de force mentale.
Mais est-ce que le problème vient toujours de ta façon de réagir ? Est-ce qu'il faut forcément apprendre à tout encaisser pour être considérée comme une personne capable de réussir. Je ne crois pas...
Bien sûr, nous avons tous notre part de travail à faire. Apprendre à prendre du recul, ne pas accorder trop d'importance à chaque commentaire, accepter qu'on ne puisse pas plaire à tout le monde et ne pas laisser les autres décider de notre valeur, c'est essentiel. On ne peut pas contrôler les comportements des autres, mais on peut apprendre à mieux se protéger.
En revanche, se protéger ne signifie pas tout accepter en silence. Et avoir de la force mentale ne signifie pas devenir insensible à ce qui nous entoure.
Parfois, la vraie force consiste justement à reconnaître qu'une situation nous fait plus de mal que de bien et à décider qu'on ne veut plus y consacrer autant d'énergie.
Et si on arrêtait de confondre réussite et capacité à tout encaisser ?
Je ne dis pas que tout le monde est hypocrite dans le MLM, ni que toutes les équipes fonctionnent comme ça. Ce serait tout aussi faux de dire que tout est parfait et que tout le monde est bienveillant. Comme partout, il y a du bon et du moins bon, et c'est justement de ça que j'ai envie de parler.
Il existe des équipes où:
🔸 Le soutien est sincère.
🔸 Les personnes peuvent exprimer leurs doutes sans être jugées.
🔸 On comprend que chacun avance à son rythme.
🔸 On peut se réjouir de la réussite des autres sans se comparer en permanence.
🔸 On peut aussi traverser une période plus compliquée sans avoir à justifier chaque décision.
Et heureusement, parce que c'est exactement ce genre d'environnement qui donne envie de construire quelque chose sur la durée. (D’ailleurs c’est comme ça que cela se passe dans mon équipe 😜)
Mais je pense qu'il est important de ne pas idéaliser les relations humaines sous prétexte qu'on évolue dans un milieu qui en fait l'un de ses principaux arguments. Les mots « famille », « entraide » ou « bienveillance » ne garantissent pas, à eux seuls, que les comportements suivront.
Ce sont les actes qui donnent du sens aux mots.
Peut-être qu'au lieu de toujours demander aux personnes de renforcer leur mental, de travailler sur elles-mêmes ou d'apprendre à ne plus rien prendre personnellement, on pourrait aussi se demander comment rendre ces environnements plus sains.
Parce que oui, il faut de la persévérance pour entreprendre. Oui, il faut apprendre à gérer les déceptions et les moments de doute. Mais on ne devrait pas avoir à développer une carapace si épaisse qu'on finit par ne plus se reconnaître pour réussir à trouver sa place.
🔸 On peut vouloir réussir sans écraser les autres.
🔸 Être ambitieuse sans juger celles qui avancent moins vite.
🔸 Être déterminée sans considérer chaque pause comme un abandon.
🔸 Être en désaccord avec quelqu'un sans remettre en cause sa valeur.
Finalement, ce n'est pas si compliqué sur le papier. C'est même plutôt évident quand on prend deux minutes pour y réfléchir.
Alors, le plus difficile dans le MLM, c'est vraiment les gens ?
Peut-être pas toujours. Mais parfois, oui et il faut pouvoir le dire.
Parce qu'à force de parler de motivation, de discipline et de développement personnel, on peut oublier que nous restons des êtres humains avant d'être des entrepreneurs. Avec nos émotions, nos limites, nos moments de doute et nos besoins de prendre du recul.
On n'a pas besoin d'être invincible pour entreprendre. On n'a pas besoin d'être toujours positive, toujours disponible ou toujours d'accord avec tout le monde. Et on n'a certainement pas besoin de prouver notre valeur en restant dans une situation qui ne nous convient plus.
Alors, si tu traverses une période où les relations humaines te pèsent davantage que ton activité elle-même, prends peut-être le temps de te poser les bonnes questions. Pas uniquement sur toi, sur ton mental ou sur ta capacité à encaisser, mais aussi sur l'environnement dans lequel tu évolues.
🔸 Est-ce que tu peux être toi-même ?
🔸 Est-ce que tu peux exprimer un désaccord ?
🔸 Est-ce que tu peux prendre une pause sans avoir à défendre ton ambition ?
🔸 Est-ce que tu te sens soutenue même lorsque tu ne produis pas, ne recrutes pas ou ne fais pas ce qu'on attend de toi ?
Parce qu'au fond, on ne peut pas s'entendre avec tout le monde et on ne sera pas toujours d'accord sur tout. Et heureusement, sinon qu'est-ce qu'on s'ennuierait ! 😂
Mais il y a quand même une différence entre ne pas être d'accord et manquer de respect à quelqu'un.
On devrait pouvoir avoir des désaccords, traverser des périodes plus compliquées ou faire des choix différents sans que ça devienne une raison de nous juger.
La bienveillance ne devrait pas disparaître simplement parce qu'on ne fait plus les choses comme les autres l'avaient imaginé.
Si tu te rends compte que tu n'es plus à ta place dans un environnement, tu as aussi le droit de te poser des questions. Tu peux te remettre en question sans forcément tout remettre sur ton dos. Tu peux apprendre à prendre du recul sans devoir tout accepter. Tu peux avoir envie de réussir sans pour autant t'oublier en chemin.
Parce qu'au final, on parle quand même de liberté dans le MLM. Alors autant pouvoir être soi-même sans avoir l'impression de devoir rentrer dans un moule, non ?
Et vous, quelle est votre expérience ? Partagez-la en commentaire ou inscrivez-vous en bas de page pour recevoir les prochains articles.
Commentaires
0 commentaireSoyez le premier à commenter cet article.